Intelligence et QI

En 2016, une jeune londonienne de 11 ans a obtenu le score de 162 à un test de QI. Ce score est exceptionnellement haut… Les résultats ont été publiés par Mensa, une société à haut QI dont la condition d’admission est d’obtenir un score supérieur à 98% de la population générale. Cette jeune londonienne est la plus jeune personne à obtenir un score aussi élevé à un test de QI.

Le QI et l’intelligence sont-ils forcément liés ? Est-ce que ce score particulièrement élevé signifie qu’elle fera nécessairement de grandes choses – comme Albert Einstein ou Stephen Hawking, deux des plus grands scientifiques que le monde n’ait jamais porté ? Peut-être. Mais pas forcément.

Qu’est-ce que le QI ?

Le QI, signifiant quotient intellectuel est un indicateur servant à mesurer les capacités cognitives d’un individu. En somme, il est supposé mesurer à quel point une personne est capable d’utiliser des informations de son environnement et de la logique pour faire des prédictions. Les tests de QI arrivent à quantifier cela en mesurant la mémoire à long et court terme. Mais ils mesurent aussi à quel point un individu est capable de résoudre des puzzles, des matrices et même de répéter une information qu’il vient d’entendre – et à quelle vitesse.

A quoi servent les tests de QI ?

Tout le monde est capable d’apprendre, peu importe son intelligence. Mais nous ne sommes pas tous égaux face aux difficultés : certains étudiants ont des difficultés scolaires parce qu’ils souffrent d’un déficit dans un domaine spécifique. Ces étudiants peuvent bénéficier d’accompagnements spécifiques où ils reçoivent de l’aide dans le domaine pour lequel ils ont des difficultés. Les tests de QI peuvent aider le corps enseignant à identifier tôt lesquels de leurs étudiants auront potentiellement besoin d’un accompagnement adapté.

A contrario, les tests d’intelligence peuvent aussi aider à identifier quels étudiants pourraient avoir besoin d’un programme adapté à leurs facilités. Beaucoup d’universités américaines ou de grandes entreprises utilisent des examens très similaires aux tests de QI pour faire une sélection parmi leurs candidats. 

Il est très tentant d’essayer de prédire les réussites et les échecs de quelqu’un au regard de son QI. La plupart des non-experts pensent que l’intelligence est la clé du succès. Mais les psychologues qui ont étudié en profondeur l’intelligence affirment que cela n’est vrai qu’en partie. Les tests de QI peuvent quantifier le talent d’une personne dans des situations très particulières : le raisonnement abstrait, les performances logico-mathématiques, l’intelligence verbale… Mais c’est loin d’être suffisant pour “réussir sa vie”. L’accomplissement de prouesses dépend de bien d’autres facteurs : l’ambition, la détermination, la chance, les opportunités…

L’intelligence compte évidemment. Mais pas autant qu’on voudrait le croire.

La mesure du QI

Les tests de QI ont été conçus il y a plus d’un siècle. Ils ont été créés en France pour aider à identifier les enfants qui auraient des difficultés scolaires.

Ensuite, le gouvernement américain les a utilisés et modifiés pendant les deux guerres mondiales. Les armées savaient que ça ne jouerait pas en leur faveur de laisser des soldats non qualifiés se battre sur les champs de bataille. Alors ils ont utilisé ces tests pour arriver à déterminer quels seraient les meilleurs éléments parmi leurs troupes… Aujourd’hui, les armées du monde entier utilisent des tests dérivés des tests de QI.

On peut trouver plusieurs objectifs différents aux tests de QI. D’après Joel Schneider, un psychologue de la Illinois State University, certains sont conçus spécifiquement pour les adultes (WAIS), d’autres pour les enfants (WISC), et d’autres encore sont conçus pour des gens présentant des déficiences particulières (les matrices progressives de Raven sont particulièrement utilisées pour la détection de l’autisme).

Mais la plupart de ces test sont conçus pour être proposés pour les personnes venant d’un milieu socio-culturel similaire. En France, par exemple, une personne qui n’a aucune idée de qui était Charles De Gaulle a probablement une culture inférieure à la moyenne, explique Schneider. En Nouvelle Guinée, ne pas savoir qui était De Gaulle révèle très peu de choses sur l’intelligence de la personne.

Les questions sur l’Histoire entrent dans la catégorie “connaissances” des tests de QI. Les questions de ce type déterminent ce qu’une personne connaît du monde qui l’entoure. Par exemple, une question pourrait-être de savoir pourquoi il est important de se laver les mains avant de manger.

Les tests de QI posent également des questions plus complexes pour appréhender les connaissances d’un individu. Qu’est-ce que l’art abstrait ? Comment fonctionne un prêt bancaire ? Quelle est la différence entre le climat et le temps ? Ce sont des questions qui déterminent si quelqu’un connaît des choses qui ont un rapport avec sa culture.

Les questions basées sur les connaissances qui découlent de l’éducation mesurent ce qu’on appelle l’intelligence cristallisée. Mais il existe d’autres tests qui préfèrent mesurer les capacités non verbales, c’est à dire qui ne dépendent pas du milieu socio-culturel dans lequel l’individu a évolué.

Certains de ces tests sont focalisés sur la mémoire. D’autres déterminent ce qu’on appelle l’intelligence fluide : il s’agit de la capacité d’une personne à utiliser la logique pour résoudre un problème. Par exemple, les candidats pourraient être amenés à déterminer à quoi ressemblerait une figure géométrique si elle était tournée.

Dans une étude parue en 2016, une équipe de scientifiques a étudié 71 personnes adultes. Ils ont testé l’intelligence fluide des volontaires avec un test de QI classique conçu pour les adultes. Pendant ce temps, ils ont cartographié les domaines dans lesquels le cerveau des candidats a travaillé le plus.

Le QI ne mesure pas toutes les intelligences

“Les tests de QI mesurent les composantes les plus importantes pour une société donnée”, explique Scott Barry Kaufman, psychologue à l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie. Mais ces tests ne sont pas capables de mesurer l’intégralité du potentiel d’une personne. 

Un autre psychologue américain, Howard Gardner, a développé une théorie plus qu’intéressante sur l’intelligence. Il développe l’idée que, au-delà de la mesure du QI qui ne mesurerait que quelques pans de nos capacités intellectuelles (l’intelligence verbale, l’intelligence logico-mathématique et l’intelligence spatiale), il y aurait au total 8 formes d’intelligence :

  1. L’intelligence linguistique
  2.  L’intelligence logico-mathématique 
  3.  L’intelligence spatiale
  4.  L’intelligence intra-personnelle
  5.  L’intelligence interpersonnelle
  6.  L’intelligence corporelle-kinesthésique
  7.  L’intelligence musicale
  8. L’intelligence naturaliste

Il paraît alors évident qu’une personne ayant une intelligence musicale très développée sera plus à même de réussir dans le domaine de la musique qu’une personne disposant d’une grande intelligence linguistique. Alors même que le QI d’un musicien puisse être tout à fait banal.

Le QI n’est pas l’alpha et l’oméga de la réussite

Être intelligent ne veut pas dire que quelqu’un réussira. Et ce n’est pas parce qu’une personne est “moins intelligente” qu’elle échouera.

Une psychologue américaine du nom d’Angela Duckworth s’est penchée sur la question de la réussite. En 2007, elle s’est mise à interviewer des personnes venant d’horizons différents. Elle leur a demandé ce qui, selon eux, faisait qu’une personne serait amenée à réussir ou à échouer sa vie. La plupart des personnes interviewées ont mis en avant le fait que l’intelligence et le talent étaient les critères les plus importants selon eux.

Lorsque Duckworth a creusé plus profondément, elle a découvert que les personnes qui réussissent le plus (celles qui ont les postes les plus élevés dans les entreprises ou qui ont beaucoup d’argent) partagent tous un trait commun indépendant de l’intelligence : ils ont ce qu’elle appelle le grit. On peut scinder le grit en deux parties : la passion et la persévérance. La passion dénote un intérêt profond et durable pour quelque chose. La persévérance signifie surmonter les difficultés.

Suite à ce constat, Duckworth a développé une série de questions pour évaluer la passion et la persévérance d’un individu. Elle appelle cette série de question “l’échelle du grit”.

On peut en conclure qu’un travail acharné peut être tout aussi important pour la réussite que le QI.

Si vous souhaitez déterminer votre QI, vous pouvez passer notre test de QI.